4. Les échanges extérieurs et mondialisation

4 le financement des pays sous développés

 

Les flux financiers destinés au développement des pays sous développés sont : l’aide, la dette et les investissements directs étrangers (IDE)
L’aide : L’aide peut emprunter divers canaux : concours financiers directs et indirects, facilité administrative, allégement des charges, marché publique…
L’aide peut avoir des avantages et des inconvénients.

  • Avantages : L’aide crée la cohésion ou la renforce , la justice sociale et la solidarité nationale.
  •  
  •  Les inconvénients : L’aide fausse la concurrence si elle est donnée à une entreprise ou à un secteur d’activité, elle est contraire à l’égalité de traitement dont doit bénéficier tous les acteurs économiques. Elle maintient les unités peu productives, fruste les producteurs les plus performants et entrave l’émergence de nouvelles activités.

Les catégories d’aides : on distingue l’aide publique de l’aide privée
     

         • L’aide publique : C’est une aide des pouvoirs publics c.-a-d l’état ou un organismes d’état.                   L’aide publique peut être bilatérale ou multilatérale.
                  - L’aide bilatérale est celle fournie directement par un état à un autre état. Les Nations                             Unies ont fixé comme objectif de consacrer 1% du PNB des pays développés au                                     financement du développement des pays du tiers mondes (sans succès).
                  - L’aide multilatérale : Elle transite par le biais d’une organisation internationale. La plupart                     de ces organisations dépendent des Nations Unies. Elles financées par les contributions                         des états membres.
     

        • L’aide privée : Les associations et organisations privées sont celles qui financent cette aide. On           distingue par exemple les médecins sans frontière, action internationale contre la faim, ….                     L’action de ces organisations est un complément de l’aide publique surtout dans les cas urgents             (guerres , famines, …).

L’efficacité de l’aide internationale : certaines aides ne sont pas efficaces car elles ne tiennent pas compte des intérêts des pays aidés ou de leurs besoins réels ; ces aides favorisent plutôt les pays aidants. Une aide est utile lorsqu’elle peut créer des avantages pour le pays aidé. Elle est néfaste si elle décourage les productions locales. On distingue dés lors la vraie aide de la fausse aide (ou aide liée). On appelle fausse aide, une aide dont le pays aidant tire plus d’avantage que le pays aidé.
Exemple : une aide sous forme de construction ou création d’entreprise pour l’exploitation de ressources qui seront achetées parle pays aidant.

  • La dette : Pour sortir du cercle vicieux de la pauvreté, les pays en développement empruntent des capitaux remboursables à des taux d’intérêts parfois élevés. La dette des pays du tiers monde a pris plusieurs formes : une forme bilatérale ou multilatérale ; une forme privée ou publique.

                 - La dette publique est une dette d’un état ou d’un organe rattaché à l’état.
                 - La dette privée est une dette d’un organisme non lié à l’Etat.

La somme des dettes privées et publiques constitue la dette extérieure.
On appelle dette multilatérale un emprunt auprès d’un organisme international comme la banque mondiale et le fond monétaire international(FMI).
Une dette bilatérale est un emprunt d’un Etat auprès d’un autre Etat.
Les pays en voie de développement ont connu des rééchelonnements et de réaménagements de leur dette.
Le rééchelonnement est un allongement de la durée de remboursement. Un réaménagement est soit rééchelonnement qui s’accompagne d’une révision des conditions de paiement (intérêt, délai, amortissement…)
Le service de la dette est la somme à rembourser chaque année (annuité du capital + intérêt)
Amortissement : la somme fixe à rembourser chaque année
L’encours de la dette : la totalité de la dette
Les causes de la dette : on distingue les causes internes (endogènes) des causes externes (exogènes).

Parmi les causes internes on peut retenir :
          - La pauvreté
          - Déficits budgétaires
          - Epuisement des réserves
          - Des investissements non rentables (éléphants blancs)
          - Excès de la consommation
          - Taux de croissance faible
          - Explosion démographique
          - Faiblesse de l’épargne
          - Mauvaise gestion des entreprises publiques

Parmi les causes externes on peut retenir :
          - Déficit commercial
          - Chocs pétroliers
          - Détérioration des termes de l’échange
          - Subvention de certains produits sur le marché international
          - Hausse du cours du dollar
          - Sécheresses récurrentes

 Les avantages de la dette : Si les fonds sont bien utilisés la dette a les mêmes avantages

 que l’aide (voir l’aide extérieure)

 Les effets pervers de la dette : L’augmentation de la dette du tiers monde a posé beaucoup

 de problèmes notamment l’incapacité de s’occuper véritablement du développement de ces pays.

 Le remboursement de la dette a pesé sur les recettes budgétaires. Il faut alors le capital et

 ses intérêts (le service de la dette)

 

Des plans ont été proposés pour le remboursement de la dette :
      - Plan Backer : qui propose d’accorder de nouveaux crédits pour relancer les exportations des

        pays endettés afin qu’ils puissent payer leurs dettes.

Exemple : PAS (Politique d’Ajustement Structurels)
      - Plan Brady : Il propose d’effacer une partie de la dette, mais que le reste de la dette

        soit transformés en actifs financiers.

Exemple : actions et obligations garanties par le FMI et la banque mondiale

   

Les investissements directs étrangers (IDE) : Ce sont des mouvements de capitaux qui permettent, soit de créer une unité de production à l’étranger, soit d’en acheter une qui existe déjà à l’étranger. Il ne s’agit pas seulement d’acheter la totalité d’une entreprise mais de pouvoir influencer l’entreprise. 

Le FMI considère un seuil de 10%. C’est ainsi qu’un flux de capitaux c.-à-d une participation de 10% d’entreprise étrangère dans une entreprise nationale est comptabilisée dans la balance des paiements comme un investissement direct étranger (IDE).
Les IDE ont largement évolué et ont des avantages et des inconvénients.
Depuis les années 1980, on noté une explosion des IDE (ils ont été multipliés par 100 entre 1970 et 2000 d’après la CNUCED). Le stock des IDE était égal à 6,5%du PIB mondial en 1985, il représente 17% en 2000, c'est-à-dire 3fois plus.
Aujourd’hui les IDE sont croisés entre pays industrialisés. A la fin de l’année 1990, les pays industrialisés ont fourni 95% des IDE et en reçoivent 70%. A part les pays industrialisés, les autres destinataires sont les pays asiatiques et certains pays d’Amérique latine. Les pays africains sont à l’écart des IDE ; ils reçoivent peu d’IDE et en donnent peu.
Cette explosion des IDE a favorisé la globalisation.

Avantages des IDE : On peut retenir pour les pays d’accueil :
      - La création d’emplois
      - Augmentation des recettes fiscales
      - La concurrence qui a offre meilleur prix et meilleure qualité aux consommateurs.
      - Le transfert de technologie
      - La réalisation d’économies d’échelle
      - Croissance économique
      - Stabilisation sociale

 Inconvénients des IDE : on a 

       - La désindustrialisation ou délocalisation qui crée le chômage et les pertes de recettes pour

         les pays d’origines
       - Le rapatriement des profits
       - L’influence qu’ils exercent sur le pouvoir local
       - L’influence des politiques économiques des états. Exemple : une firme qui délocalise dans

         une région crée des problèmes de chômage même si la politique de l’état est de lutter contre

         cette situation.

3 Organisation des échanges internationaux

 

Pour faciliter la reprise de la croissance économique d’après guerre, les nations occidentales ressentent le besoins d’organiser le commerce international sur les bases du libre- échange et rejettent le protectionnisme des années 30 ; le GATT répond à la nécessité de constituer un espace conforme à la thèse du libre échange

 

  •  La libéralisation des échanges : Du GATT à l’OMC

              • Le GATT (accord général sur les tarifs douaniers) : Le GATT est un simple accord mis en place en octobre 1947.Il va durer jusqu’ au 1er Janvier 1995 date de création de l’OMC à Marrakech qui se doit de faciliter les règles du commerce international en abaissant les barrières douanières. Les nations réunies au sein du GATT se mirent d’accord pour abaisser progressivement les tarifs douaniers portant sur les échanges de biens et services et de respecter ce que l’on pourrait appeler un code de bonne conduite. L’abaissement des tarifs douaniers se négocie périodiquement au cours des rounds successifs (conférences internationales) dont le plus célèbre peut être l’Uruguay round. Grâce aux négociations, on voit que le tarif moyen est divisé par 10 en 50 ans. Aujourd’hui 40% des marchandises circulant dans le monde le font en franchise totale.

 

Principes du GATT ou code de bonne conduite

  •  La non discrimination avec la « clause de la nation la plus favorisée » : les pays signataires  s’engagent à appliquer à l’ensemble des pays adhérents au GATT, le tarif douanier le plus bas  qu’il pratique déjà. Cela signifie que si un pays s’engage à baisser ses droits de douane sur les  échanges de produits agricoles avec son voisin, cette baisse bénéficie aussi de facto à tous les  pays signataires.
  •  L’interdiction de barrières non tarifaires : les pays ne peuvent pas empêcher chez eux l’entrée  de marchandises étrangères par des moyens autres que les tarifs (visible, plus facile à  contrôler). Les restrictions telles que les quotas visant à réduire les exportations et les  importations doivent être abandonnées par tous les pays signataires du GATT ;
  •  L’abaissement des droits de douane : les pays signataires du GATT se sont engagés à réduire  leur protection tarifaire par des négociations (rounds) sur la base de la réciprocité des  avantages consentis
  •  L’interdiction du dumping et des subventions pour établir une certaine égalité entre les  entreprises sur le marché mondial et imposer une concurrence saine ;
  • L’élimination des restrictions quantitatives (contingentement, prohibition, quotas). Le contingentement est interdit sauf dans 3cas : déficit grave de la Balance des paiements ; politique de contrôle de la production et une mesure d’urgence ;
  • La réciprocité des avantages commerciaux : un pays qui reçoit des avantages commerciaux doit aussi lui en donner autant.

L’application de ces différents principes doit permettre la facilitation des échanges commerciaux mondiaux. Les accords du GATT sont obtenus dans l’unanimité par des consensus issus des négociations entre pays membres. Durant les rounds tous les pays membres sont égaux.

 

Les limites du GATT

Le GATT n’est pas une organisation, donc il n’a aucun pouvoir coercitif sur les pays signataires. Les conflits naissent entre états signataires ; il était difficile de les résoudre dans la mesure où il n’y’avait pas de mesures établies.
La multiplication des échanges internationaux est renforcée encore par la libéralisation des échanges de capitaux sur les marchés financiers et les nouvelles technologies de l’information rendent de plus en plus nécessaire une telle autorité. C’est pourquoi lors de l’Uruguay round, on a prévu de transformer le GATT en l’OMC (organisation mondiale du commerce)

 

L’OMC : A la différence du GATT, les décisions de l’OMC s’imposent aux états membres. Elle prononce   parfois des sanctions financières lourdes contre les états qui ne respectent pas par exemple les règles   concernant les subventions.
  L’OMC a 5 fonctions essentielles :

  •  La gestion des nouveaux accords commerciaux multilatéraux ;
  •  L’organisation des nouvelles négociations si nécessaires ;
  •  Le règlement des litiges ;
  •  La surveillance des politiques commerciales nationales ;
  •  La coopération avec les les autres organismes internationaux pour l’élaboration des politiques économiques à l’échelle mondiale.

 

 

Les limites de l’OMC : Cette organisation a la difficulté d’approfondir le libre échange car les états encouragent les unions régionales plutôt de développer le multilatéralisme. Ce qui pose beaucoup de difficultés aux pays africains qui ont du mal à s’intégrer.
   

La CNUCED (conférence des nations unies pour le développement)
  Créée en 1964, c’est elle s’est donnée pour{tex}1^{er}{/tex} objectif l’instauration de relations plus

  équitables entre pays industrialisés et pays du Tiers Monde. Elle pour mission essentielles

  de promouvoir un nouvel ordre économique international en conjuguant 4 politiques :
       - L’instauration de relations internationales plus équitables entre les pays inégalement développés ;
       - Le renforcement de l’indépendance économique des pays en voie de développement ;
       - L’aide plus importante des pays riches aux pays pauvres ;
       - L’expansion du commerce international par une plus grande coordination entre les pays.

 

La Banque Mondiale
  Son objectif principal est de prêter des fonds et d’aider les emprunteurs à réduire la pauvreté. Elle

  se compose de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD)

  et association   internationale pour le développement (IDA).
  La Banque Mondiale à travers ses actions veut contribuer au renforcement des économies à l’extension   des marchés à l’amélioration des conditions de vie de tous les pays du monde.

1 evolution des échanges internationaux

 

L’évolution du commerce international depuis les années 40 a été marquée par les étapes suivantes :
De 1945 à 1973 une croissance rapide des échanges internationaux a été enregistrée. Cela s’explique par la reprise de l’économie à la fin de la 2e guerre mondiale qui s’achèvera au choc pétrolier de 1973 (hausse du prix du baril du pétrole)
De 1973 à 1979, une légère reprise puis le 2e choc pétrolier de 1979.
De 1980 à nos jours une évolution marquée par un développement des échanges.
L’évolution des échanges concernent aussi bien la structure des produits que leur orientation

L’évolution dans la composition des échanges :

 Les bouleversements économiques constatés depuis le choc pétrolier n’ont pas freiné le commerce international mais ils ont modifié la configuration des échanges internationaux. Le développement des échanges de biens et services a été rapide mais il n’a pas été aussi rapide pour tous les produits et tous les pays. On observe aussi une explosion des mouvements de capitaux.

 

  • Les échanges de biens : le développement des échanges internationaux de biens a été très rapide que la croissance de la production. Entre 1950 et 1997, les échanges mondiaux ont été multipliés par plus de 16, alors que la production est multipliée à peine par 6. Cela signifie qu’une part de plus en plus croissante production est échangée au niveau international ou, autrement dit, qu’une part croissante des actifs d’un pays travaille pour l’exportation. Cela a comme conséquence de développer l’interdépendance entre les économies nationales. Ce développement s’est accompagné d’une transformation de la structure par produit : la croissance des échanges de produits primaires est bien plus faible que celle des produits manufacturés, ce qui est dû en partie au fait que les prix des matières premières n’ont pas augmenté aussi vite que ceux des produits manufacturés.
  •  
  • Les échanges internationaux de services

Ces échanges se sont développés plus tardivement que ceux des biens (marchandises). Mais aujourd’hui, ils se développent très rapidement. De 15% en 1980 la part des services dans les échanges est passée à 20% en 2002. Les échanges de certains services progressent plus vite (services bancaire, services rendus aux entreprises…)

 

  • L’explosion des mouvements de capitaux

Les flux de capitaux se sont aussi rapidement développés. Ils ont étaient multiplié par 25 de 1970 à 1990.Cette explosion a été rendue possible par la déréglementation complète des marchés des capitaux qui a permis ce que l’on appelle la globalisation financière.


L’évolution dans leur orientation géographique
Les courants d’échange entre zones géographiques se sont donc considérablement transformés puisque tous les pays ne fabriquent pas le même genre de produit (division international du travail). Certains pays ont gagné du poids dans les échanges mondiaux, ceux qui exportent des produits manufacturés, c'est-à-dire en général les pays développés, alors que d’autres en perdaient, ceux qui exportent les produits primaires, c'est-à-dire les pays en développement. Cette spécialisation correspond à la division internationale e du travail (DIT) traditionnelle.
On observe une tripolarisation des échanges : on a 3 pôles essentiels d’échange : L’Amérique, l’Europe et l’Asie dont les caractéristiques sont les suivantes :
Le commerce intra-zone est important avec souvent une organisation interne régionale forte de libre échange. Les pays européens sont réunis dans l’Union européenne, l’ALENA regroupe les pays d’Amérique du Nord et le Mexique, le MERCOSUR certains pays d’Amérique latine (Argentine, brésil, Paraguay, Uruguay), l’ASEAN regroupe certains pays d’Asie sans les grands comme la Chine le Japon et l’Inde). La hiérarchie de certaines zones montre une domination d’un pays : Japon pour l’Asie, les USA en Amérique. Le développement des échanges entre les USA, l’Union européen et le Japon porte le nom de la « TRIADE ».
Mais cette polarisation marginalise certaines zones, en particulier l’Afrique et une partie des pays d’Asie. La part de ces pays dans le commerce mondial chute par ce que les volumes échangés n’augmentent pas assez vite. Cela vient aussi du prix des produits qu’ils échangent, mais aussi de la faible élasticité-revenu de la demande des produits qu’ils vendent et que les produits qu’ils vendent intéressent de moins en moins les autres (matières premières remplacées par les produits synthétiques).

Remarque : il existe un cas particulier de la balance des paiements ( celui des Etats Unis). C’est le seul pays qui peut avoir un déficit durable de sa balance des paiements tout en maintenant la valeur de son économie. En effet, ce déficit est réglé en dollar, monnaie émise par cette économie, mais également véritable monnaie internationale acceptée par tous.

2 Les théories des échanges exterieurs

 

Les théories développées par les classiques au 18eme siècle et prolongées par les néoclassiques et les marxistes, constituent une des raisons qui justifient le développement des échanges. On distingue essentiellement deux thèses : une thèse libérale et une thèse protectionniste

 

La théorie libérale du commerce extérieur : il s’agit des idées qui défendent la liberté de circulation des marchandises, des capitaux et des hommes. Pour les auteurs de cette théorie, le libre échange est un facteur de croissance et de développement pour tous les participants aux échanges. Pour eux la liberté de circulation conduit à une spécialisation efficace des nations dans la production et l’utilisation des ressources à l’échelle mondiale.

 La théorie des avantages absolus (Adam Smith) : Dans son ouvrage intitulé « recherche sur la nature et les causes de la richesse destinations» en 1776, A. Smith a montré que chaque doit produire les biens pour les quels son coût de production est faible et abandonner ceux dont les coûts absolus de production sont élevés. « la maxime de tout chef de famille prudent est de ne jamais essayer de faire chez soi la chose qui coûtera moins cher à acheter. Ce qui est prudent dans la conduite de chaque famille en particulier ne peut être guère folie dans celle d’un grand empire » 

Ainsi un pays doit vendre les produits qu’il fabrique à un coût faible et acheter ceux qui lui coûtent chers à produire.
Exemple : supposons les productions réalisées par deux pays : le Sénégal et la Gambie dans les conditions suivantes. Pour produire une tonne de légumes et une tonne d’arachide, les coûts absolus en heure de travail sont les suivants

 

Pays

 Produits                            

  Sénégal      Gambie   

 

 Arachides

 

120h 200h

 

 Légumes

 

100h 90h

 

D’après ce tableau et suivant les recommandations d’Adam Smith, le Sénégal doit se spécialiser dans la production d’arachide car son coût absolu de production est plus faible que celui de la Gambie (120h < 200h).
La Gambie doit se spécialiser dans la production de légumes. Son coût absolu de production est inférieur à celui du Sénégal (90h < 100 h).
Ainsi le Sénégal va utiliser toutes ses heures à produire de l’arachide ; il pourra satisfaire sa demande et celle de la Gambie en vendant les produits moins chers. La Gambie va adopter la même attitude pour vendre les légumes moins chers.

 La théorie des avantages comparatifs : Ricardo a prolongé la théorie d’A. Smith et a montré qu’un pays qui n’a aucun avantage dans les échanges extérieurs à cause de ses coûts de production élevés, peut se spécialiser dans les produits ou ses coûts sont moindres. Il écrit « chaque pays a intérêt à se spécialiser dans l’activité pour la quelle sa supériorité est plus forte ou son infériorité est moins grande. »

 

Exemple : posons deux pays A et B qui produisent des machines et du coton dans les mêmes conditions. La production d’une unité de machine et d’une unité de coton donne les coûts suivants dans A et dans B:

 

Pays 

 Produits                

      A             B      

 

 Machine

 

 80h   120h

 

 coton

 

  90h   100h

 

D'après Adam Smith
{tex}A \rightarrow machine{/tex}


{tex}A \rightarrow coton{/tex}


Ricardo
{tex}A \rightarrow machine{/tex}


{tex}B \rightarrow coton{/tex}


D’après Adam Smith, le pays A doit se spécialiser dans les deux biens. Il devient le seul producteur ; B sera un simple consommateur. Supposons que ces deux pays représente le monde, il y’aura un seul producteur qui est A qui peut aussi être un consommateur (car il peut consommer ses propres produits). Mais il y ‘aura un seul consommateur qui est B qui ne produit pas de biens. Dans ces conditions il est impossible d’être un seul consommateur car on ne peut consommer que lorsqu’on produit et vend. Pour lever cette limite, Ricardo va calculer les coûts relatifs afin de montrer que tous les deux pays peuvent se spécialiser dans la production des différents biens.

Pour Ricardo
Coûts relatifs : machine/coton
A : 80h/90h = 0,88 B : 120h/100h = 1,2
0,88 < 1,2 alors A doit se spécialiser dans les machines car son cout relatif est inferieur

A : 90h/(80h )=1,125 B: 100h/120h = 0,85
0,85<1,125 B doit se spécialiser dans le coton.
Chaque se spécialise et gagne dans les échanges.

 

Le modèle néoclassique (HOS)
H : Elie Heckscher
O : Bertil Ohlin
S: Paul Antony Samuelson
Ce modèle explique les causes des avantages comparatifs. Pour ces auteurs « Un pays doit se spécialiser dans la production des biens pour lesquels il est relativement mieux doté que les autres ».Donc chaque pays doit produire les biens dont les matières premières existent en quantité suffisante chez lui. Ce modèle a été remis en cause par Wassily Leontief qui a montré que les Etats-Unis sont mieux dotés que les autres pays pour produire des machines. Et pourtant, ses importations contiennent des machines, ce qui constitue un paradoxe (paradoxe de Leontief). De même la France exporte des voitures en Allemagne mais importe des voitures de ce pays.

 

La théorie marxiste :
Même si les marxistes acceptent l’explication de Ricardo sur les échanges extérieurs, ils rejettent les origines des échanges défendus par les classiques. Pour les marxistes, le fondement des échanges extérieurs est la conquête des marchés (débouchés) et la recherche de source d’approvisionnement en matières premières. Il en résulte une spécialisation internationale qui a conduit à un enrichissement des pays développés au détriment des pays sous développés.


Les autres fondements des échanges extérieurs :
Comprendre les échanges internationaux ne peut se résumer à ces dotations initiales en facteurs et en temps de travail. Il faut aussi tenir compte de la demande, d’effet de standing et de communication marketing qui stimulent les échanges entre pays développés et semblables sur le plan des coûts de production.

 

Les théories protectionnistes
Cette thèse est défendue par l’économiste allemand Friedrich List (auteur du protectionnisme défensif) qui a montré la nécessité de mettre à l’abri la concurrence, les entreprises jeunes, les industries naissantes. Cela permettrait leur structuration et des gains comparatifs.
Les économistes marxistes comme : Arghiri Emmanuel et Samir Amin ont montré que le libre échange conduit à l’exploitation des pays en voie de développement par les pays développés.
Les structuralistes comme Paul krugman, Barbara Spencer ont défendu l’idée selon laquelle l’état doit soutenir les entreprises nationales et développer la recherche- développement.
Les différentes formes de protection sont : la protection tarifaire et la protection non tarifaire.

  • Les barrières tarifaires : 

Ce sont des mesures qui permettent de diminuer l’entrée des marchandises sur le territoire national : les protecteurs locaux deviennent plus compétitifs par rapport à leurs homologues étrangers
On distingue
Les taxes douanières à l’entrée,
Les versements de subventions,
Les réductions d’impôt ou les exonérations

  • Les barrières non tarifaires :

On distingue :
               - Les réductions quantitatives (le contingentement)
               - Le commerce administré : ce sont des accords conclus entre deux pays consistant à limiter                    volontairement les exportations vers l’autre
               - La prohibition
               - Le dumping : c’est une politique commerciale consistant à vendre moins cher un produit à                      l’extérieur du territoire que sur le marché national.

On appelle dumping social une situation dans laquelle une entreprise délocalise pour s’implanter dans un endroit où elle peut bénéficier de salaires bas, de cotisations sociales faibles et accroitre sa compétitivité

 

Les normes diverses : ce sont des normes techniques, sanitaires et autres imposées par certains pays pour protéger leur économie.
Utilisation du minimum de contenu local : c’est une technique qui consiste à exiger aux entreprises qui vendent sur le territoire d’utiliser des intrants fabriqués localement.

 

  • La protection monétaire et financière : la protection monétaire consiste à utiliser directement ou indirectement la monnaie (en manipulant le taux de change ou le taux d’intérêt) pour aider les entreprises nationales.

 

Exemple : une baisse du taux d’intérêt pour les entreprises exportatrices, une hausse du taux de change pour les entreprises exportatrices.
La protection financière consiste à utiliser plusieurs instruments financiers pour aider les entreprises exportatrices : crédits d’importation, crédits à l’exportation à des taux d’intérêts faibles ou nuls.

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