3. La balance des paiements

Introduction

La comptabilisation des transactions internationales s’effectue à l’aide d’un document comptable appelé balance des paiements. Cette dernière est un tableau comptable qui permet de mesurer les différents mouvements de valeurs qui s’effectuent entre les agents résidents d’un pays et les agents non résidents. Les flux qui correspondent à des entrées de devises sont comptées avec un signe plus(+), alors que les qui correspondent à des sorties de devises sont comptés avec un signe moins (-). 

3 Ajustements de la balance des paiements

 

Il s’agit de rétablir le déséquilibre de la balance des paiements. On peut y parvenir en modifiant le taux de change, en contrôlant les réserves de change, en procédant par une réglementation commerciale ou monétaire.

La réglementation commerciale : Elle consiste à agir sur les quantités de biens et services échangés avec l’extérieur. Il s’agit de limiter de façon volontaire le volume des importations pour corriger le déficit de la balance commerciale.

La réglementation monétaire : Elle consiste à ajuster automatiquement la balance commerciale en s’accordant des crédits réciproques (clearing).

Le contrôle des échanges : Il s’agit pour les autorités monétaires de contrôler les entrées et les sorties de devises. Toute entrée ou sortie de devises doit être au préalable soumise à une autorisation. Ainsi, on peut assurer l’équilibre automatique de la balance des paiements.

La modification du taux de change : Le taux de change est la quantité de monnaie nationale qu’il faut céder pour obtenir une unité monétaire d’un autre pays.
Le change d’une monnaie est sa transformation en une autre monnaie. On a deux situations possibles :
Le cas où le taux de change est fixe
Le cas où le taux de change est variable

Le cas où le taux de change est fixe : Dans ce cas, la seule mesure permettant de modifier le taux de change consiste à en décider. La mesure la plus connue est la politique de la dévaluation.

La dévaluation : C’est une politique monétaire qui consiste à faire baisser la valeur de la monnaie nationale par rapport à une monnaie étrangère.

Exemple : la dévaluation du FCFA en janvier 1994
Avant 1994 : {tex}1FF     \rightarrow    50F    CFA{/tex}
Après 1994 : {tex}1FF    \rightarrow    100F   CFA{/tex}

Au 1er janvier 1999, l’euro est devenu la monnaie de onze pays européens membres de l’Union économique et monétaire européenne et le franc français est devenu une subdivision non décimale de l’euro. L’euro a remplacé le franc français comme ancre monétaire franc CFA. Cette subdivision a déterminé automatiquement la parité en euro du Franc CFA. Elle n’affecte pas les mécanismes de coopération monétaire de la Zone franc. Le taux de conversion irrévocable entre l’euro et le franc CFA est 1euro = 6,55957. Ce taux a déterminé automatiquement la valeur du franc CFA avec 1 euro = 655,957FCFA.

L’objectif de la dévaluation est de corriger le déficit de la balance commerciale. Elle permet de :

  • rendre les produits plus compétitifs et de stimuler les exportations
  • réduire le volume des importations

Il faut noter que la réaction des exportations n’est pas automatique et que la dévaluation n’a d’effet que dans la longue période. L’application de la dévaluation fait évoluer la balance commerciale sous une forme de J

insérer courbe

                         de T1 à T2

Il faut noter que la dévaluation au temps T1 détériore davantage le déficit de la balance commerciale. Durant cette période, l’augmentation des prix (l’inflation) fait baisser le solde de la balance commerciale avant la réaction des exportations (entre T1 et T2).
A partir du temps T2, le déficit commence à se réduire et le solde de la balance commerciale s’améliore.
Au temps T3, le solde de la balance commercial est excédentaire.

Remarque : Pour qu’une dévaluation puise réussir il faut :
       - Que la demande des produits exportés soit élastique par rapport aux prix nationaux
       - Que l’inflation soit maintenue à un niveau acceptable
       - Que l’extérieur ne prenne pas des mesures contraires (la rétorsion) à celles prises par le pays
       - Que les institutions financières internationales soutiennent le pays qui dévalue.

Les résultats de la dévaluation du CFA de 1994 :
Pour l’ensemble de la Zone franc, les résultats de la dévaluation, en termes d’inflation et de croissance ont été assez proches des effets attendus. Les pays africains de la Zone franc ont, dans l’ensemble, renoué avec une croissance soutenue(dans l’ordre de 2,4% dans la Zone franc en 2000) . Il faut noter que la dévaluation est intervenue dans un environnement international favorable caractérisé par la reprise de l’activité dans les principaux pays industrialisés et la hausse des cours des produits de base, à l’exception du pétrole.

La réévaluation : Elle s’agit d’accroître la valeur de la monnaie nationale lorsque la balance commerciale est excédentaire. Elle augmente la valeur des importations et baisse la valeur des exportations.

Le cas où le taux de change est flottant
Dans ce système la valeur d’une monnaie (son cours) dépend de son offre et de sa demande. La dévaluation n’est pas permise. Exemple la zone dollar

1. présentation de la balance de paiement

 

La comptabilisation des transactions internationales s’effectue à l’aide d’un document comptable appelé balance des paiements. Cette dernière est un tableau comptable qui permet de mesurer les différents mouvements de valeurs qui s’effectuent entre les agents résidents d’un pays et les agents non résidents. Les flux qui correspondent à des entrées de devises sont comptées avec un signe plus(+), alors que les qui correspondent à des sorties de devises sont comptés avec un signe moins (-).

1- Présentation de la balance des paiements 

 

 Balance des transactions courantes ( BTC) : Elle enregistre les opérations définitives qui portent sur les biens et services relatives aux transactions entre résidents et non résidents. Elle comprend une balance commerciale (BC) et une balance des invisibles (BI).

 La balance commerciale (BC) : Elle enregistre les échanges de marchandises, c.-à-d les importations et les exportations. Les exportations ( X) qui engendrent des flux de recettes sont enregistrées avec un signe plus (+) , les importations (M) qui engendrent des flux de dépenses sont enregistrées avec un signe moins (-).
La comptabilisation des exportations se fait FOB (Free On Board) ou FAB (Franco à Bord), c.-à-d le coût de production et les frais de transports jusqu’à la frontière ou au lieu d’embarcation.
Les importations elles sont évaluées CAF (Coût Assurance Fret), c.-à-d le coût de production des marchandises importées au quel on ajoute les frais d’assurance et de transport du pays d’origine jusqu’au pays de destination.
Le solde de la balance commerciale est la différence entre les exportations et les importations

{tex}(1) \quad SBC=X-M{/tex}


La balance des invisibles (BI) : Elle enregistre les biens immatériels, c.-à-d les services et les transferts unilatéraux, mais aussi le négoce international.
Les services concernent les frais de transports, le tourisme, les revenus du capital, les redevances, les produits de la vente de licences et de brevets, le courtage …
Les transferts unilatéraux ( ou transferts courants) sont des versements de revenus sans contrepartie entre résidents et non résidents. On recense les dons ou aides du gouvernement et les revenus d’immigrés et d’émigrés.
Le négoce international est une opération d’achat et de revente de marchandises par des résidents à des non résidents sans pour autant qu’elles traversent les frontières nationales.
Soient

SBS = solde de la balance des services (services vendus – services achetés)
SBTU = solde de la balance des transferts unilatéraux (transferts reçus – transferts versés)
NI= négoce international

{tex}(2) \quad SBI=BS+BTU \quad \textrm{(s'il n'y a pas de negoce international)}\\SBI=BS+BTU+NI \quad \textrm{(avec negoce international)}{/tex}

Le solde de la balance des transactions courantes est la somme des soldes de la balance commerciale et de la balance des invisibles
(1) + (2) = (3)

{tex}(3) \quad SBTC=SBC+SBI{/tex}

 Remarques:

R1 - La balance des transactions courantes (BTC) est encore appelée balance des opérations courantes (BOC) ou balance des paiements courants (BPC)
R2 - Dans certaines économies comme l’UEMOA, les importations et les exportations sont enregistrées FOB pour éviter les écarts dus aux modes de comptabilisation qui surévaluent les importations par rapport aux exportations

Signification du solde de la balance des transactions courantes
Le solde des transactions courantes exprime la capacité ou le besoin de financement d’un pays.
     - Si le solde est positif le pays peut accumuler des réserves (épargner) car il produit plus qu’il consomme.
     - Si par contre le solde est négatif, le pays a un besoin de financement ; il doit puiser dans ses réserves ou s’endetter car il vit au dessus de ses moyens
Il faut noter que l’interprétation de la balance des transactions courantes doit se faire au regard de tous les soldes des balances qui la composent.

La balance des capitaux (BK) : Elle enregistre les entrées et les sorties de capitaux. Les mouvements de capitaux à long terme correspondent aux flux d’investissement et aux placements. On distingue :
    - Les opérations de crédit ou de prêt liées ou non au commerce extérieur, les investissements directs étrangers (IDE) qui sont des achats ou de création d’entreprises ou bien encore de participation au capital d’une entreprise à hauteur de 10% au moins.
    - Les opérations sur valeurs mobilières (investissement de portefeuille) concernant les opérations sur les titres à long terme
Les mouvements de capitaux à court terme recensent les déplacements de capitaux flottants (capitaux spéculatifs, capitaux « vagabonds », capitaux volatiles) ; on y retrouve aussi le financement à court terme du commerce extérieur (crédits fournisseur, effets de commerce internationaux). Le solde de la balance des capitaux est la somme des soldes de la balance des capitaux à long terme et de la balance des capitaux à court terme.

Soient SBK = solde de la balance des capitaux
SBKLT = solde de la balance des capitaux à long terme
SBKCT = solde de la balance des capitaux à court terme

{tex}(4) \quad SBK=SBKLT+SBKCT{/tex}

On appelle balance de base la balance des opérations régulières et structurelles de l’économie
Le solde de la balance de base (SBB) est la somme de la balance des transactions courantes et de la balance des capitaux à long terme.

 {tex}(5) \quad SBB=SBTC+SBKLT{/tex}

Le solde global (SG) est la somme des soldes de la balance des transactions courantes et de la balance des capitaux.

{tex} SG=SBTC+SBK{/tex}

{tex} SG=SBB+SBKCT{/tex}

 La variation de la position monétaire extérieure (VPME) : Tous les mouvements précédents des balances des transactions courantes et des capitaux se traduisent par une variation de la position monétaire des banques secondaires et de la banque centrale. De toutes les opérations des balances se dégagent un solde global. Le solde de la VPME est excédentaire si le solde global est positif ; il est déficitaire si le solde global est négatif.

Le solde de la VPME est de signe contraire à celui du solde global. Si le solde global est positif celui de la VPME est négatif et inversement

 {tex} VPME=-SG{/tex}


Remarque : Il est difficile d’opérer des enregistrements de la balance des paiements sans erreurs ; il y’a aussi le plus des retards de règlements. Dans ce cas il est prévu une rubrique intitulée « erreurs et omissions » (EO) pour correction

 {tex}VPME=-(SG+EO){/tex}

 

Au final la balance des paiements est toujours équilibrée (VPME +SG = 0). Par facilité de langage, on dit que la balance de paiement déficitaire ou excédentaire. On peut ajouter que son déficit ou son excédent renvoie au solde de la balance globale (l’économie réelle)

2 Les indicateurs des échanges extérieurs

 

ces indicateurs permettent d’apprécier les différentes relations commerciales d’un pays avec l’extérieur. On distingue :

Le taux de couverture (TC) : Il permet de mesurer la capacité de financement des importations par les exportations.
Soit TC= le taux de couverture
X= les exportations
M =les importations

{tex}TC=\frac{X}{M} \times 100{/tex} 

 Exemple : TC = 60% signifie que les exportations financent 60% des importations.

On a trois possibilités
Si le TC >100 %, alors les recettes d’exportation sont supérieures aux dépenses d’importation, dans ce cas la balance commerciale est excédentaire ;
Si le TC =100 %, alors les recettes d’exportation sont égales aux dépenses d’importation, dans ce cas la balance commerciale est équilibrée ;
Si le TC <100 %, alors, les exportations sont inférieures aux importations, la balance commerciale est déficitaire ;

Le taux d’ouverture de l’économie (T0) : Il exprime le degré d’ouverture d’une économie. Il est apprécié dans le temps. Plus ce taux augmente, plus l’économie s’ouvre à l’extérieur.
Ce taux peut être influencé par le PIB. Son appréciation nécessite une étude sur l’évolution des exportations, des importations et des PIB.

 {tex}TO=\frac{X+M}{2PIB} \times 100{/tex}

 

L’effort à importation (EM) : Il exprime le pourcentage du revenu consacré à l’achat de biens à l’extérieur.

 {tex}EM=\frac{M}{PIB} \times 100{/tex}


L’effort à l’exportation (EX) : Il exprime le pourcentage des recettes d’exportation sur le revenu(PIB)

  {tex}EX=\frac{X}{PIB} \times 100{/tex}

Le taux de pénétration (TP) : Ce taux exprime la pénétration des biens et services venant de l’extérieur dans le marché intérieur d’un pays représenté par la demande intérieure brute(DIB)

 

 {tex}TP=\frac{M}{DIB}\times 100{/tex}


{tex}DIB = PIB-(X-M) \quad ou \quad DIB= CF+FBCF+ \Delta S{/tex}

Exemple : TP=10% signifie que les importations représentent 10% de la demande intérieure brute.
Par exemple sur le marché de l’automobile TP = 30% signifie que sur 100 voitures utilisées dans le pays, les 30 viennent de l’extérieur.

La part de marché (PM) : Ce rapport permet de montrer le pourcentage des exportations d’un pays sur l’ensemble des importations du reste du monde.

  {tex}PM=\frac{X}{\sum Importations \quad Mondiales} \times 100{/tex}

Exemple : PM = 2%, signifie que 2% de la demande mondiale est satisfaite par les exportations du pays considéré.

Les termes de l’échange (TE) : Ils expriment le rapport entre l’indice des prix à l’exportation. 

Soient
IPX = indice des prix à l’exportation
IPM = indice des prix à l’importation

  {tex}TE=\frac{IPX}{IPM}\times 100{/tex}

OIF
RESAFAD

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