1. Croissance Développement Sous développement

8. Stratégie de développement

 

Pour améliorer leurs situations économiques et sociales, les pays en voie de développement doivent faire des choix économiques. Dans le Tiers Monde, l’agriculture occupe une place prépondérante en termes d’emploi de moyen de subsistance.
. Quel produit ou quel secteur faut –il privilégier pour avoir un levier de croissance? quelle (s) politique(s) faut –il ?
Une stratégie de développement est un ensemble d’objectifs et de moyens permettant d’accéder au progrès. On a plusieurs stratégies de développement dont Il faut retenir les stratégies sectorielles agricoles et industrielles

 

8-1 Les stratégies de développement agricole
Parmi ces stratégies mises en place on peut retenir : la valorisation du potentiel agricole, la réforme agraire et la révolution verte.

La valorisation du potentiel agricole
Il s’agit de transformer l’agriculture traditionnelle en mettant en place des actions spécifiques :
- De développement agricole extensif : travaux d’irrigation (barrages, réservoirs, canaux), grands travaux de protection contre les menaces naturelles, inondations…)
- De développement agricole intensif : utilisation d’engrais chimiques de pesticides ou de semences à haut rendement, diversification des façons culturales, ce qui permet de rompre avec la monoculture.

La réforme agraire
Dans les pays où les terres appartiennent à peu de propriétaires, des réformes agraires sont envisageables. Elles permettent ainsi de distribuer les terres aux petits paysans sans terre. Puis il faut introduire le système de métayage et de fermage pour inciter les paysans à l’effort. Enfin les gouvernements doivent faciliter l’achat des terres par les paysans ainsi que les investissements nécessaires.

La révolution verte
C’est un stade avancé de la révolution valorisation du potentiel en assurant :
- La formation et l’encadrement des agriculteurs afin qu’ils soient plus productifs ;
- La responsabilisation des agriculteurs ;
- La modernisation avec la mécanisation (machines, tracteurs…) de l’agriculture
- La maîtrise de l’eau avec le développement des pluies artificielles, de l’irrigation par la méthode goutte – goutte ;
- La motivation des agriculteurs ;
- L’octroi de terres cultivables ;
- La création de magasins de stockage des produits agricoles ;
- Le financement de l’agriculture en accordant des crédits aux producteurs ;
Cette stratégie a été utilisée en Asie (Chine, Inde, Pakistan). L’agriculture produit alors deux à trois récoltes par an.
Ces politiques doivent avoir pour objectifs : nourrir la population, fournir des matières premières à l’industrie qui sera source de devises.
Ces politiques appliquées dans les pays en voie de développement rencontrent beaucoup de difficultés : manque de moyens financiers, insuffisance des terres cultivables, aléas climatiques, prix des produits aux producteurs démotivants, instabilité politique….

 

8–2 Les stratégies de développement industriel:
Les pays développés ont connu une croissance forte avec l’industrialisation. C’est pourquoi cette stratégie est pertinente dans les pays en développement.
Plusieurs politiques de développement peuvent être mises en place pour développer l’industrie. Parmi ces politiques on peut retenir la substitution aux importations, le développement des industries industrialisantes, la substitution des exportations et la promotion des exportations.

 

 

Les stratégies industrielles

 

  Les industries industrialisantes

La stratégie d’industries industrialisantes consiste à choisir des industries qui exerceront des effets d’entraînement dans le reste de l’économie à partir des produits, des emplois, mais surtout des salaires qu’elles fourniront
Comme exemple on peut retenir le cas de l’Algérie qui avait installé des industries pétrochimiques et sidérurgiques. Cependant il faut noter ce n’était pas une réussite parce qu’elles n’étaient pas utilisées au plein emploi.
En répondant aux besoins du pays, ces industries de biens intermédiaires nécessitent la mise en place d’usines de biens de consommation et assurent le développement industriel.
Cependant cette stratégie nécessite une main d’œuvre qualifiée et des capitaux importants.

 

L’industrie de substitution aux importations
La stratégie de substitution aux importations consiste à favoriser le développement de la production locale afin de limiter les importations. Il s’agit pour un pays de créer des usines dans le pays pour fabriquer localement les biens de consommation jusque là importés. On distingue deux types de substitutions :
- il faut substituer les biens de consommation par des biens de production servant à produire pour la consommation locale (exemple : dans l’habillement on peut importer des machines à coudre à la place des habits)
- Il faut ensuite produire sur place et substituer les produits importés par les produits locaux (remplacer les habits importés par ceux confectionnés sur place)
Dans certains pays comme le Brésil ces politiques ont produit les effets escomptés, mais elles ont rapidement atteint leurs limites : exclusion du marché international, limitation de la production, importation des biens d’équipement (maintien de la dépendance commerciale et technologique)

 

La stratégie de valorisation d’exportations
C’est une stratégie qui consiste à utiliser une richesse particulière d’un pays (main d’œuvre nombreuse, fiscalité légère) pour fabriquer en vue de l’exportation. Cette stratégie peut être une stratégie de promotion d’exportation (choisir parmi ses exportations celles qui sont plus compétitives et les développer) ou de substitution d’exportation (au lieu de conserver les produits bruts qui apportent de faibles valeurs ajoutées, se lancer sur l’exportation des produits manufacturés comme les pays développés)
Cette stratégie orientée vers l’exportation est considérée comme un moyen sûr de développement car elle permet :
- D’améliorer la balance des paiements ;
- D’augmenter les ressources permettant l’industrialisation ;
- De développer les efforts de recherches pour réussir une production vendue au niveau mondial ;
- De supprimer l’endettement car les produits tirés de la vente des produits vont servir à payer la dette
- D’utiliser une main d’œuvre abondante et à bon marché
- D’augmenter la production, les emplois et les revenus
- De créer un transfert de technologie (accès aux techniques de gestion, d’information technique)
L’industrie exportatrice est pertinente dans les PED Dans les pays qui disposent d’une main d’œuvre est abondante, de salaires bas et de protection sociale quasi inexistante. Ainsi certains pays peuvent bénéficier de l’affluence des investissements étrangers.
La stratégie de la promotion des exportations a été utilisée en Asie (en Corée du sud, Hong Kong où le textile, les industries électroniques, l’automobile ont été développées) et au Brésil.
Les limites de cette stratégie est que l’économie risque d’être spécialisée dans un secteur peu dynamique au niveau mondial et dépendante en cas de crise de la demande globale. Elle entretient la dépendance technologique car jusque là, elle s’appuie sur la technologie étrangère.

 

8-3 La stratégie de développement endogène
Elle trois axes directeurs :
- Le développement prioritaire de l’agriculture et une industrialisation maîtrisée répondant aux besoins essentiels de la population ;
- La satisfaction du marché intérieur ;
- L’utilisation de technologies intermédiaires entre les techniques traditionnelles et les techniques modernes rapidement dépassées.
L’originalité de ce modèle est qu’il doit rompre avec les techniques anciennes et créer de nouvelles techniques qui économisent du capital et qui utilisent la main d’œuvre abondante disponible. Ce modèle doit offrir des emplois à tous.

 

8-4 Les stratégies de coopération internationale
Ces stratégies de coopération internationale sont assurées par les organismes internationaux. On peut retenir les PAS et l’endettement (voir chapitre)

7 Les théories explicatives du sous - développement

 

Il y’a plusieurs théories explicatives du sous développement.

7-1 Le sous- développement est un « retard de développement »

Pour W.W. Rostow le sous développement est un retard de développement ou une étape du développement. Il pense que toute société développée passe nécessairement par les cinq (5) étapes suivantes : La société traditionnelle, les conditions préalables au décollage, le décollage, la maturité et la société de consommation de masse.

  - La société traditionnelle : Dans cette phase qui constitue le point de départ du processus de développement, l’économie est fondée sur l’agriculture. Il n’y a pratiquement pas l’application de la science et de la technique. La productivité est faible et la production est destinée à satisfaire les besoins domestiques. La société est solidaire et est réfractaire aux changements. Elle privilégie les valeurs sociales et culturelles fondées sur la solidarité entre les membres de la famille ou du clan. Les échanges sont faibles et le prêt à intérêt est banni.

  - Les conditions préalables du décollage : C’est la deuxième phase qui constitue une phase de transition. L’homme commence à utiliser les résultats de la science et de la technologie et cherche à s’enrichir. Il y a une évolution et une amélioration des conditions de vie. On assiste à un changement de mentalité, au développement du commerce, à l’acceptation du prêt à intérêt, à la création de banques, à l’augmentation de la productivité du travail. On met sur place des banques et des germes d’industries.
L’agriculture permet donc de dégager un profit.

 Le décollage ou take off : C’est une phase très rapide pendant la quelle les taux d’investissement sont élevés (8 à 10%) et l’industrialisation est très importante. L’agriculture qui est productive génère des profits investis dans l’industrie; les produits industriels sont utilisés dans l’agriculture. Cette situation, très favorable à l’économie permet une forte croissance qui est régulière. Mais il faut aussi noter que cette phase ne permet pas de corriger les inégalités entre les individus.

 La maturité : Pendant cette phase tous les secteurs profitent des fruits de la croissance et du progrès technique. Les principales bases du développement sont donc établies pendant cette phase. De grands groupes industriels, financiers et commerciaux se créent soutiennent la croissance. La technologie joue un grand rôle à cause des inventions et des innovations.
 la phase de consommation de masse : Pendant cette dernière phase, la consommation devient très importante, les populations parviennent à satisfaire leurs besoins en disposant suffisamment de biens et services à cause de la hausse du pouvoir d’achat, les services et les loisirs se développent. Le niveau de vie augmente. L’état intervient de plus en plus dans l’économie.
Ces différentes phases pouvaient aussi être nommées les cinq (5) phases du développement. Pour ROSTOW, les PED sont en retard de développement. La situation actuelle des pays en voie de développement était vécue dans le passé par les pays développés d’aujourd’hui.
Mais cette vision libérale et linéaire de ROSTOW a été critiquée :
D’abord le découpage en cinq (5) phases par ROSTOW est identique avec celui en cinq (5) phases de l’histoire humaine par K. MARX. Pour MARX ces cinq (5) phases sont obligatoires pour tout pays qui prétend au développement.
Ensuite pour ROSTOW le développement de ces pays peut être obtenu pourvu qu’ils appliquent les politiques qui ont permis aux pays développés d’atteindre ce stade actuel du développement.
Rostow oublié que la plupart de ses pays ont subi la colonisation. Donc ces pays ont subi une certaine influence extérieure

 

7-2 Le sous développement comme « cercle vicieux » : C’est une autre thèse développée par R. NURSKE qui considère le sous développement comme un blocage de développement.
Pour NURSKE, dans les pays en voie de développement, il y’ a une faiblesse des revenus. Les revenus étant consommées presque dans leur intégralité ; l’épargne est aussi faible. Puis que l’épargne devrait servir à financer les investissements, ces derniers sont donc faibles.

vicieux de la pauvreté.

 

 

 

3- Le sous développement comme « blocage de développement » selon l’analyse structurelle le sous développement est le résultat de la domination des pays en voie de développement par les pays développés. Les facteurs contraignant le développement des pays en développement peuvent être économiques, géographiques, institutionnels, humains,… ces pays dits en voie de développement subissent donc la domination, l’exploitation de leurs ressources et l’échange inégal.

L’impérialisme : La thèse de l’exploitation a été développée par les marxistes qui pensent que la suprématie exercée par les pays développés sur les pays sous développés est l’origine de leur pauvreté

D’abord les pays en voie de développement constituent un marché supplémentaire pour les pays développés qui doivent désormais y écouler leur production excédentaire.

Ensuite ces pays sous développés fournissent des matières premières à bas prix aux pays développés.

L’échange inégal : Dans le commerce international les pays en voie de développement exportent des produits de base à faible prix et importent des produits manufacturés à prix élevé. La fixation et le contrôle des prix leur échappent. Ils sont confrontés à une dégradation des termes de l’échange.

 

7-4- Le sous développement comme « un phénomène naturel » : pour certains auteurs le sous développement est lié aux phénomènes naturels que sont : le climat, la démographie, la religion, la culture, les mentalités, le manque de ressources…
Mais comment expliquer que des pays à climats identiques n’aient pas les mêmes niveaux de développement ? Ou encore comment peut- on aussi expliquer que des pays sans ressources naturelles comme le Japon soient développés?

5 Les effets de la croissance


Ils peuvent être positifs ou négatifs.

 Les effets positifs : l’accroissement de la production va entraîner une augmentation de la demande de consommation. Cette dernière va entraîner à son tour de nouveaux recrutement de mains d’œuvre et un accroissement de l’investissement. il y’aura une augmentation de la productivité, donc des gains de productivité. Le pays devient de plus en plus compétitif.
La production de masse suivie d’une consommation de masse va entraîner à nouveau un recrutement de main d’œuvre et distribution de revenus. Il y’ a le cercle vertueux de la croissance. La croissance pourrait donc aboutir au développement. En plus de ce cercle vertueux il y’a la tertiairisation de l’économie.

 les effets négatifs : Parmi les effets négatifs nous avons la pollution, la surexploitation des ressources, la déforestation et le réchauffement de la terre.
La croissance va entraîner l’implantation de nouvelles usines qui viendront concurrencer les anciennes. Cette augmentation du nombre d’usines va entraîner la pollution de l’atmosphère donc une dégradation des conditions de vie aussi.
Il y’aura aussi destruction de la couche d’ozone, donc réchauffement de la terre.
La multiplication des usines va entraîner aussi une augmentation de la demande de matières premières. Dans le long terme on assistera donc à une surexploitation des matières premières dont la conséquence est l’épuisement des ressources. En plus il y aura développement des maladies et une hausse des dépenses de santé dans le budget des consommateurs

6. Les caractéristiques du sous développement

 

Plusieurs caractéristiques nous permettent de distinguer les pays sous développés des pays développés. Seulement on peut en retenir des difficultés sur le plan de l’alimentation, de la démographie, de la santé, de la croissance du PIB, des inégalités, le chômage et les structures économiques (dualisme, désarticulation, dépendance)

 

 L’alimentation : Dans les PVD, les populations ne parviennent pas à manger à leur faim, elles pensent manger en quantité qu’en qualité. La famine, la sous alimentation et la mal – nutrition sont récurrentes. Les aliments consommés en moyenne par individus ne renferment pas la quantité de calories (moins de 200 calories par jour) et de vitamines nécessaires. Pourtant il est constaté qu’il y a assez de nourriture dans le monde, mais elle est simplement inégalement répartie ; en plus il ya des terres fertiles dans ces pays.

 

 La démographie : Dans les pays en voie de développement (PVD) les taux de natalité et de fécondité sont très élevés, alors que celui de la mortalité est en recul grâce au progrès de la médecine. Par conséquent la population augmente d’une manière très rapide. Cette démographie galopante a des raisons culturelles (volonté d’avoir plusieurs garçons pour assurer sa descendance et prouver sa fertilité) et économique (l’enfant est un investissement et une assurance pour ses parents). Cette hausse de la population augmente la demande sociale : problèmes de nourriture, d’habitat, d’urbanisation d’assainissement, d’électrification, d’éducation, de santé…

 

La santé : L’accroissement rapide de la population pèse beaucoup sur la santé des individus. Le nombre de médecins /hbt et les infrastructures sanitaires ne pouvant pas suivre le rythme d’évolution de la population, sont insuffisants. Le peu d’infrastructures qui existent sont mal réparties dans les territoires, car les meilleurs hôpitaux, les meilleurs médecins, infirmiers, équipements sont concentrés dans les capitales au détriment des autres villes et campagnes.

 

Le sous développement culturel et social : L’accroissement rapide de la population va entraîner beaucoup de difficultés dans les domaines social et culturel. En effet, les écoles et les universités, ont dépassé leur capacité d’accueil. Les moyens didactiques, les infrastructures scolaires et universitaires et le nombre d’enseignants ne peuvent pas assurer une bonne qualité de l’enseignement qui ne cesse de se dégrader au fur et à mesure. Le taux d’analphabétisme ne cesse d’augmenter et le travail des enfants est devenu une réalité.

 

La croissance du PIB : Dans le Tiers monde pour beaucoup de pays, le taux de croissance du PIB reste encore faible et est même inférieur à celui de la démographie. Cette croissance économique qui diminue entraîne une baisse du niveau de vie. Les NPI demeurent une exception.

Les inégalités : Les pays du Tiers monde connaissent, en général de fortes inégalités de revenus. Les riches (cadres dirigeants des affaires ou de la politique, les grands propriétaires) qui vivent de manière aisée dans des quartiers résidentiels ont presque le niveau de vie que leurs homologues des pays développés. Cette nouvelle bourgeoisie côtoie la masse des pauvres qui s’entassent dans les bidonvilles avec leur lot de difficultés quotidiennes. En ville l’économie moderne utilise de nouvelles technologies très productives. Alors que dans les campagnes on utilise encore des moyens rudimentaires très peu productifs.

 

le chômage : Dans les pays sous développés, chaque année, beaucoup de jeunes arrivent sur le marché de l’emploi. La création d’emploi est faible. Le chômage prend souvent la forme de sous emplois (vendeurs à la sauvette, cireurs de chaussure, paysans occupés pendant trois mois seulement sur les douze, etc.).

 

Les structures économiques : L’économie des PED présente une structure duale, désarticulée, extravertie et dépendante.

 

L e dualisme : L’économie des PVD, est duale, c'est-à-dire qu’il coexiste d’une manière juxtaposée deux secteurs :

• L’économie traditionnelle ou archaïque avec des moyens de production peu productifs. Elle est souvent dominée et renfermée sur elle-même. Son principal but est la satisfaction des besoins domestiques.

• L’économie moderne utilise des technologies étrangères et exporte une grande partie de ses produits. Les moyens utilisés très productifs appartiennent en général à des privés étrangers.

 

La désarticulation: Dans les PVD, l’économie est désarticulée, c'est-à-dire que les deux secteurs de l’économie n’ont pas, ou ont peu de liens entre eux. En effet :

• Le secteur traditionnel, qui est agricole et rural, a une production destinée à la nourriture et à l’exportation.

• l’économie moderne, qui est urbaine, a des industries performantes et sophistiquées. Les industries ne transforment pas les produits agricoles et les profits industriels ne sont pas investis dans l’agriculture.

 

extraversion et la dépendance

Le secteur moderne entretient plus de relations avec l’extérieur où il s’approvisionne en biens de production et où les bénéfices sont rapatriés (extraversion).


la dépendance : Le Tiers monde est dépendant. On a la dépendance commerciale, la dépendance         technologique, et la dépendance financière

 

- La dépendance commerciale : La consommation des PED est extravertie et leur spécialisation est sur les produits primaires. En effet, ces pays importent l’essentiel des produits manufacturés de consommation (équipements ménagers, voitures, sardines …) et exportent des produits de base à l’extérieur. Les pays du Tiers monde commercent plus avec les pays développés qui fixent les prix des produits.
Les marchés internationaux évoluent au détriment des pays en développement qui subissent la détérioration des termes de l’échange (les prix des produits manufacturés augmentent plus vite que ceux des produits primaires).

 

- La dépendance financière : la faiblesse de l’épargne intérieure est une des raisons fondamentales de la dépendance financière des pays en voie de développement vis –à - vis des pays développés. Les pays en développement s’endettent au prés des institutions financières étrangères et supranationales. En dehors de la dette, les différentes monnaies nationales des pays du Tiers monde sont arrimées à celles des anciennes colonies (CFA et FF). La moindre fluctuation (dévaluation ou réévaluation) d’une monnaie d’un pays riche développé entraîne des conséquences néfastes dans les pays en voie de développement.

 

- La dépendance technologique : Des firmes multinationales (FNM) viennent s’installer dans les pays en développement en y effectuant un transfert de technologie. Les quelques investisseurs nationaux des pays du Tiers monde achètent des licences et des brevets des pays développés. Cette domination qui est due aux rapports de force entre pays pauvres et pays riches est lourde de conséquences : détérioration des balances de paiement des pays sous – développés ; exportations des plus values des firmes multinationales vers leurs pays d’origines, insuffisance de ressources pour assurer le décollage des pays pauvres, sortie massive de capitaux vers les nations riches.

 

4. Les facteurs de la croissance

 

La croissance économique est obtenue par l’augmentation des facteurs de production et/ou de la productivité. Parmi les facteurs explicatifs de la croissance, nous pouvons retenir le facteur travail et le facteur travail.

 

 Le facteur travail : le facteur travail dépend de la démographie. Dans le processus de production il peut être appréhendé sous son aspect quantitatif et qualitatif.
La quantité de facteur travail disponible dépend de la variation de la population totale, de la variation de la population active, de l’allongement de la durée de travail, de l’allongement de l’âge de la retraite de la réduction des jours de congé…Un accroissement de la population active permet sous certaines conditions, une augmentation de la production.
Voici comment le facteur travail agit sur la production.

 

 

 

 Le facteur capital : Le facteur capital comporte le capital financier et le capital technique.

Le capital technique (équipement, véhicule, installations, bâtiments administratifs, écoles, routes ….) est le fruit d’une épargne suivie d’un investissement. Avec l’épargne les entreprises réalisent des investissements. Plus l’investissement est élevé plus forte est la croissance. on a pu constater que pendant les 30 glorieuses  (30 années qui ont suivi 2éme guerre mondiale ) , les pays qui avaient les plus forts taux d’investissement avaient connu les plus forts taux de croissance.
Exemple : le japon qui avait un taux d’investissement de 30% a connu un TCAM d’environ 8.5%. Ce mécanisme investissement – croissance est mis en évidence par Keynes à travers le multiplicateur keynésien


∆R = k *∆I k = ∆R / ∆I
I = E   →  k = ∆R / ∆E 
Le revenu est soit consommé (C) soit épargné (E)

{tex}R=C+E\rightarrow \Delta R=\Delta C+\Delta E{/tex}

                                       ∆E = ∆R - ∆C
1= pms+ pmc
1= s+c

{tex}K=1/1-c\rightarrow K=1/s{/tex}     donc {tex} \Delta R=\Delta I/1/s{/tex} 

 

Selon J. M. Keynes, une augmentation de l’investissement va entraîner un accroissement du revenu k fois plus élevé que l’investissement initial. Ceci est dû au multiplicateur d’investissement k. Exemple : un Etat qui injecte 100 milliards de FCFA pour créer des infrastructures. Les commandes passées aux entrepreneurs qui fabriquent les biens nécessaires sont équivalentes à 100 milliards de FCFA.


Si la Pmc c = 0.75 on aura 100 k = 100* 1/1-0.75
= 100*1/0.25
= 100*4
= 400

L’augmentation de 100 milliards donne finalement un revenu de 400 milliards de FCFA.
Le multiplicateur peut être défini comme un coefficient qui multiplie un supplément d’investissement global de revenu à la fin d’une série de vagues ou d’ondes successives de dépenses.

 

Remarque : si la demande de l’économie est faible l’Etat peut augmenter les investissements (variable autonome), puis les revenus et la demande (effets contra-cycliques de l’investissement) Donc l’intervention de l’état peut relancer la demande et créer des emplois. Mais cette intervention peut provoquer un effet d’éviction défini comme étant une conséquence d’un déficit budgétaire financé par le recours des pouvoirs publics à l’emprunt qui provoque un déplacement des ressources d’épargne disponible vers le secteur public au détriment des entreprises privées. Son résultat est une hausse du taux d’intérêt (car la demande de capitaux s’accroît) dommageable pour l’activité économique. Il faut ajouter que le multiplicateur joue dans les deux sens (positif comme négatif). Ce mécanisme explique l’expansion et la récession ; il peut aussi jouer en faveur de l’étranger si les biens d’équipement sont importés (cas des pays sous développés)

 

L’effet accélérateur: L’accroissement du revenu du à l’augmentation des investissements engendre une hausse de la demande qui nécessitera un investissement supplémentaire (variable induite).
∆I (autonome) ∆R ∆D ∆I (induite)

Lorsque le revenu augmente, la demande augmente. Cette augmentation de la demande va entraîner à nouveau une augmentation de l’investissement. Les entreprises vont recruter encore de la main d’œuvre ; ce qui augmente à nouveau les revenus distribués puis la demande ensuite l’investissement….
Nous avons donc ce qu’on appelle le cercle vertueux de la croissance.
Soit a = capital utilisé/ production obtenue
a = l’accélérateur : c’est le coefficient de capital

 

Remarque : l’effet accélérateur n’est pas isolé, il dépend de l’effet multiplicateur. L’interaction du multiplicateur et de l’accélérateur est appelé effet oscillateur par Samuelson « les entrepreneurs voient l’avenir sous un jour meilleur et encouragent les dépenses ».
 Le progrès technique : Le progrès technique est l’ensemble des modifications qui touchent les procédés de fabrication, la nature des produits et qui permettent, soit d’améliorer la productivité, soit de produire des biens nouveaux ou de veiller à la qualité des produits. Pour un bon nombre d’économistes, le progrès technique apparaît comme le principal facteur de la croissance. Il repose sur l’innovation c.-à-d. de la mise en application d’une invention (la découverte de nouveaux produits ou de nouveaux procédés de fabrication)

 

  

Les autres facteurs de la croissance

Les facteurs économiques travail et capital ne suffisent pas pour expliquer la croissance économique. Il existe le progrès technique et d’autres facteurs tels que :
   

- Un système financier performant : le système bancaire ou financier doit être efficace et doit mobiliser l’épargne disponible pour la redistribuer aux producteurs si nécessaire. l’intervention des pouvoirs publics est importante pour reformer le cadre en contrôlant la création monétaire et en adaptant les besoins aux financements ;
 

 - Les ressources naturelles : l’exploitation des ressources naturelles peut aider à relever le taux

   de croissance. Cependant, il faut noter que certains pays (PED) disposent de beaucoup de matières

   et n’ont pas une croissance satisfaisante alors que d’autres n’ont pas assez de ressources et ont

   une croissance forte (Japon) ;
   

- L’environnement extérieur : les relations avec les autres pays facilitent la croissance économique. Elles permettent de bénéficier de marchandises, de capitaux, de connaissances de découvertes… ;
   

- L’existence d’un cadre juridique approprié favorisant la liberté du travail et le droit de propriété ;
   

   - Un désir d’enrichissement matériel ;
   

   - La valorisation de la production et de l’effort en général ;
   

   - La disparition de certains préjugés sociaux ou religieux ;
   

   - L’incitation à épargner ;
   

   - Une volonté d’action et de transformation de l’environnement.
     Les économistes français M.M CARRE, DUBOIS, et MALINVAUD ont résumé ces facteurs en

    facteurs résiduels de la croissance.

 

 TCAM

 

    5.54%

 Facteur capital et travail

 

    2.44%    

 Facteur résiduel (intervention de 

 l'état, amélioration de la gestion 

 de l'entreprise, l'ouverture de

 l'économie, la diffusion de

 l'instruction, priorité donnée au 

 travail et non aux loisirs,

 aspiration au bien être matériel...)       

    3.1%



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